En réponse à un argument philosophique mal compris.

Quelqu’un a regretté que l’argument cartésien, sous-jacent au propos du Cardinal Ouillet avait été mal compris. Pour répondre à un argument philosophique par un argument philosophique, je partirai donc de l’argument de Descartes qui s’est demandé s’il n’y avait pas un malin génie qui nous trompe toujours et auquel il est bien difficile d’échapper, même avec la meilleure intention du monde. Or, l’être humain, ici féminin est constamment trompé; et celui (le malin génie) qui trompe sans cesse, que ce soit volontairement où par passion, n’est jamais considéré comme un génie trompeur. Pourtant, les femmes ont toutes les raisons du monde de lui en vouloir, car ce sont elles qui en subissent les conséquences les plus directes et les plus traumatiques.

Je crois que Mgr. Ouillet s’est aventuré sur un terrain très glissant par son propos contradictoire sur l’avortement (pour ce que je m’en souviens); et que malgré sa tentative d’inclusion par l’Église, des situations les plus graves que peuvent vivre certaines femmes, un tel propos a été sémantique ment trop violent et contradictoire, compte tenu de la gravité et de la complexité du sujet traité.  La violence d’un tel propos a trahi des intentions dont ont semblé absentes l’humanisme et la compassion. Un tel propos a laissé entendre que le moralisme, le paternalisme et le dogmatisme redevenaient la solution privilégiée par l’Église Catholique pour le rétablissement de l’ordre social. Or, d’autres avenues et d’autres voies éthiques celles-là, doivent être proposées aux femmes.

Cécile Raymond.

Ma., en philosophie UQAM.

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